Mardi 18 septembre 2018

     J’ai oublié ce que je voulais te dire. Les mots ont glissé de ma pensée et seul persiste un fantôme. Une trace invisible qui flotte là dans ma tête, qui se fait ressentir mais qui jamais ne se dévoile. J’ai l’impression de connaître les mots tout en ayant oublié leur suite logique. Ma mémoire a perdu le fil, il reste juste des empreintes de pas de mots. Ils sont passés par là il y a peu mais quelque chose les a fait fuir. Ou peut-être que simplement ils n’ont pas adhéré à l’idée qu’ils représentaient et sont partis en coup de vent. Ils ont glissé tout comme moi maintenant je glisse en cherchant quelque chose à te dire. Je n’arrive pas à saisir le train de l’histoire que j’aimerais te raconter. Je suis juste écrasé par celui-ci et tourmenté par le bruit de ces mécaniques qui l’entraînent déjà au loin. J’essaye de formuler, j’improvise, je tombe dans la boucle infernale des discussions météorologiques… Et pourtant, je voulais vraiment te dire quelque chose. Je ne sais plus si j’avais enfin compris le monde ou si je voulais te présenter mes peurs. J’ai oublié alors que je me préparais à avouer l’essentiel. J’ai tout perdu comme ça, comme si de rien était et sans raison. La vague a tout emporté, je ne me suis même pas battu et j’ai coulé. Ainsi, je me suis fait avaler et mes mots avec. Ainsi j’ai coulé et je coule encore parce que le temps continue d’éloigner les mots qu’autrefois j’avais compris. Ou cru comprendre. Je ne sais plus. Chaque vérité semble être aussi éphémère que ces papillons qui n’assistent qu’à un levant puis un couchant. Et puis on a beau savoir, on n’agit pas forcément dans le sens de la connaissance.

     Je me sens idiot, je me sens de plus en plus idiot. Ma stupidité croissante me tourmente. Et peu à peu dans la lutte contre elle, et parce que je sais qu’elle grandit en moi et autour de moi, je recommence à comprendre certaines choses. Et petit à petit je me rapproche des mots oubliés et surtout de leur suite logique. Par la simple volonté, j’apprends à nouveau à parler. Et même si ces paroles ne sont pas faîtes que de mots dit. Et même si autour de moi, tout le monde ne me comprend pas encore. J’élabore et je découvre des modes d’expressions oubliés où les mots ne sont pas les seuls maîtres. Les mots sont trop figés pour exprimer la plupart des choses. Et parfois ou souvent, le silence en dit long sur beaucoup.

|texte du 11/01/18|

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