Mardi 21 mai 2019

Je n’oublie pas. Je n’oublie pas qu’il fait beau dehors et que le temps m’attend. Je suis fatigué de le perdre à tout bout de champ. De m’épancher sur des gouffres qui ne contiennent que le vide.

Je suis en équilibre, d’un côté une sorte de rivage et de l’autre un trou béant. J’avance comme ça, sur le fil ténu de l’entre deux. Je voudrais me lancer mais que ça ne soit pas en vain. J’aspire à cette chute, libre. Tomber à corps perdu dans l’inconnue. Me rapprocher toujours d’elle sans jamais l’atteindre. L’avenir fuit constamment sans jamais se laisser rattraper. Je me vois dégringolant. J’apprivoiserai la chute pour la transformer en envol. Ce n’est juste qu’une question de point de vue. Pour le ciel, tomber représente l’éloignement voir un décollage. Pour la terre c’est la réunion, la reconnexion.

Parfois mon équilibre me pousse à me rendormir sur cette plage de sable fin. J’ai l’impression de la connaître par cœur. Je comprends le langage du rouleau de ses vagues. Longtemps je les ai écouté, j’ai parlé leurs mots que maintenant je n’intègre plus systématiquement. J’ai essayé de les écouter à travers l’abri déserté des coquillages. Mais c’est comme si les chants de cette mer ne me touchaient plus. Et le sommeil est de plus en plus difficile à trouver. Tous mes châteaux de sable ont été balayé par le temps. Mes insomnies ne sont même plus suffisantes pour les consolider. L’eau est presque trop froide pour m’apporter du réconfort. Même le sel s’en est allé, puisé par d’autres forces, plus rien pour me porter. Qu’a t-elle encore à m’apporter ?

Je quitte du regard l’horizon, cette ligne concrète et lointaine, cette promesse qui ne sait pas se tenir. Comme l’avenir elle recule. Et j’observe le vide. Le mien, celui du ciel puis du gouffre. Lequel remplir ? Est-il nécessaire de remplir le vide ? Pourquoi le tuer ? J’essaye de le prendre tel qu’il est. Je remplis plutôt ses contours, j’y amène mes couleurs. Je construis une cabane pour le contenir, pour ne pas qu’il se mélange. Je l’entretiens comme un jardinier. Je lui laisse du temps. C’est dans le vide que naissent les étoiles.

|08/05/2019|

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