Mardi 10 novembre 2020

Je contemple un grain de sable des étendues du monde du haut des sommets. Je me l’approprie tout en me laissant dompter par son infini majesté. Personne n’est maître en ces lieux. La montagne décide pour nous quel pas en est un assuré et lequel nous fera trébucher ou glisser. J’en fais des histoires avec mes camarades. Nous les ajoutons à la boîte à souvenir.

Une brise vient me donner des frissons – ici personne pour nous attraper. Je me lave dans l’eau glacée qui s’est frayée un chemin depuis le sommet et va faire son lit jusqu’à l’océan. Ça fait un bruit sourd et étourdissant, qui vient se marier au grondement insaisissable des montagnes et au silence apparent des cieux. Ma respiration s’accélère, ma peau nue rougie ; j’ai l’impression que mon sang a fui mes pieds immergés pour habiller mon teint de cramoisi. Derrière moi la lune bleue me dessine sur ce paysage de steppes, si proche et si loin de mes amis, bien au chaud dans une cabane de berger.

Nos éclats de rires, nos mots échangés et les suspensions qui ont aussi lieu parfois ne raisonnent pas loin derrière ces murs où seul les animaux écoutent. Mais ils restent en moi, avec les images et le sentiment d’humilité que transmet la montagne.

Nous la quittons en dévalent ses pentes au matin, en laissant derrière nous le secret que les sources et les pierres aiment garder.

Pour apprendre, il faudra remonter.

|09/11/2020|

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